Home Économie et politiqueExplication et légende

Explication et légende
FRENAR

de l’infographie 2

by Aline Nassar & Thomas Schellen

Les principales données économiques relatives aux six entités et juridictions fournissent des informations limitées ou indirectes sur l’impact des conflits armés interétatiques et asymétriques arabo-israéliens, et plus particulièrement sur l’incursion du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, ainsi que sur les actions étatiques israéliennes contre la bande de Gaza, puisque celles-ci ont été menées avec l’objectif déclaré d’éliminer le Hamas. De plus, ces données prennent en compte l’agression des entités militantes du Hezbollah et des Houthis depuis le Liban et depuis le Yémen, les confrontations entre Israël et l’Iran, les bombardements israéliens du Liban, ainsi que les actions israéliennes vis-à-vis de la Syrie post-Assad, et par conséquent l’ensemble des destructions et dommages économiques associés. Toutefois, les données et indicateurs présentés dans l’infographie ci-contre illustrent la productivité économique ainsi que les perceptions mondiales qui s’y rapportent au cours des cinquante dernières années, de la dernière décennie et des perspectives actuelles et potentielles. Ainsi, comme le montrent les données, les disparités entre les pays sont flagrantes, et en outre aucun signe d’intégration régionale des économies du Machrek ou du Proche-Orient n’apparaît.

Les données relatives aux performances par habitant, ainsi que les tendances en matière de chômage, d’inflation et de croissance du PIB durant la période du septième conflit arabo-israélien, révèlent des désalignements absolus et des écarts considérables entre Israël d’une part et les cinq autres entités d’autre part. Cependant, ces mêmes tendances confirment que toutes ces économies restent soumises aux principes fondamentaux qui régissent l’ensemble des économies mondiales, car aucune puissance ne se situe en dehors de ces réalités ni n’en est immunisée.

Les profils économiques des secteurs clés ou stratégiques ne montrent aucune convergence dans une perspective de développement et d’intégration régionale. Par ailleurs, les indices cités, qui servent à illustrer à la fois les réalités sur le terrain et l’image globale qui en est diffusée, s’inscrivent dans une tendance de plusieurs décennies visant à fragmenter les potentiels productifs de populations aux origines proches, de sorte que l’un des groupes a été présenté pendant les 80 dernières années sous un jour extrêmement favorable, tandis que l’autre a été tout autant dénigré malgré ses performances économiques.

Les données d’indices et les classements présentés dans cette infographie mettent également en évidence les préférences et biais de leurs émetteurs, d’autant plus que deux des séries d’indices les plus citées ont été interrompues à la fin des années 2010. De plus, les indices liés aux TIC, à l’innovation et à l’intelligence artificielle montrent la persistance d’écarts de performance, lesquels devraient encore s’accentuer à moins qu’ils ne soient corrigés, tant du point de vue des réalités structurelles et réglementaires que du choix des indicateurs eux-mêmes, souvent biaisés.

Sources et données utilisées

Les séries de données ouvertes de la Banque mondiale reposent sur un ensemble de sources variées. Ainsi, le PIB par habitant en dollars courants est passé de 601,5 en 1965 à 13 664 en 2024. Par ailleurs, le PIB par habitant en dollars constants de 2015 s’élève à 11 876 USD au niveau mondial. Les valeurs courantes du PIB sont nominales, c’est-à-dire qu’elles évoluent sous l’effet de l’inflation, tandis que les données en termes constants reposent sur une année de référence, en l’occurrence 2015, et reflètent donc le volume réel du PIB selon le pouvoir d’achat de cette année. Dans les contextes inflationnistes, les valeurs courantes sont donc plus élevées que les valeurs constantes, alors que l’inverse ne se produit qu’en cas de déflation, ce qui reste rare.

Le rapport Doing Business de la Banque mondiale constituait un rapport phare de l’institution, jusqu’à ce qu’il cesse de l’être. En effet, la série a été interrompue en 2019 dans un contexte controversé. Ce rapport couvrait les réglementations favorables aux entreprises ainsi que celles qui les contraignent dans la quasi-totalité des juridictions mondiales. Vers la fin de la série, les pays étaient évalués sur une échelle de 0 à 100 et classés selon dix piliers réglementaires, en plus d’une mention des réglementations du marché du travail, non classées. Dans l’édition 2017, soit la 14ᵉ, la Nouvelle-Zélande occupait la première place avec 87 points, tandis que la Somalie figurait en dernière position avec 20,3 points. Les scores des six pays analysés ici s’échelonnaient de 71,6 pour Israël à 41,4 pour la Syrie.

Le Rapport et l’Indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial, basé en Suisse, constituaient également un produit phare jusqu’en 2020, avant d’être abandonnés en raison d’allégations de manipulation. L’édition 2017-2018 recensait 137 pays sur une échelle de 0 à 10. La Suisse et les États-Unis arrivaient en tête avec des scores de 5,86 et 5,85, tandis que le Yémen occupait la dernière place avec 2,87 points. Ces résultats reposaient sur des paramètres mesurant les institutions, les politiques et les facteurs déterminant le niveau de productivité. Les scores des pays étudiés ici allaient de 5,31 pour Israël à 3,84 pour le Liban. En revanche, la Palestine et la Syrie ne figuraient pas dans ce classement.

L’Indice de perception de la corruption de Transparency International couvre 180 pays et constitue un méta-indice des niveaux perçus de corruption. L’édition 2024 qualifie la corruption de « problème dangereux dans toutes les régions du monde ». En comparant l’édition 2014 à celle de 2012, le rapport indique que près de 18 pour cent des pays ont enregistré une amélioration, mais souligne que plus de 82 pour cent sont restés stagnants ou ont régressé. Les scores varient de 0 à 100, le Danemark étant considéré comme le pays le plus intègre avec 90 points, tandis que le Soudan du Sud occupe la 180ᵉ place avec 8 points. Israël obtient un score de 64 et la Syrie de 12. Par ailleurs, aucune donnée n’apparaît pour la Palestine, malgré sa distinction géographique.

L’Indice mondial de l’innovation 2025, publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle et l’Institut Portulans, classe 139 économies ainsi que les 100 principaux pôles mondiaux d’innovation selon les avancées technologiques, les taux d’adoption technologique, l’impact socioéconomique et les schémas d’investissement. Les scores vont de 1 à 100 et sont segmentés par groupes de revenus et régions. Ils s’étendent de 66 pour la Suisse à 11,9 pour le Niger. Israël obtient le meilleur score du groupe étudié avec 52,3 et se classe en tête pour la région Afrique du Nord et Asie occidentale. La Syrie et la Palestine n’apparaissent pas dans le classement, tandis que le Liban se situe en dernière position avec 23,6. Les pôles Tel-Aviv-Jérusalem, classé 19, et Le Caire, classé 83, figurent parmi les 100 principaux clusters mondiaux. Par ailleurs, certaines économies de la région MENA enregistrent des progressions, notamment la Jordanie qui figure parmi les pays en forte hausse.

L’Indice de préparation aux réseaux, élaboré par le think tank Portulans et l’Université d’Oxford, couvre 133 pays et vise à mesurer leur capacité à réussir la transition numérique et à tirer parti des technologies digitales. Établie sur une échelle de 1 à 100, l’édition 2024 place les États-Unis en tête avec près de 79 points, suivis de Singapour avec 76,94. Le Yémen arrive en dernière position avec 20,24 points. Les scores des pays étudiés sont de 70,46 pour Israël, 47,04 pour la Jordanie et 44,4 pour l’Égypte.

Le rapport sur l’entrepreneuriat du Global Entrepreneurship Monitor couvre 56 économies et analyse les écosystèmes entrepreneuriaux selon trois groupes de revenus, en s’appuyant sur des enquêtes annuelles. Les scores, compris entre 1 et 10, placent en 2025 les Émirats arabes unis en tête avec 7,1, tandis que la Bosnie-Herzégovine ferme la marche avec 3,4. Parmi les pays étudiés, la Jordanie se distingue avec un score de 5,0, suivie d’Israël avec 4,5 et de l’Égypte avec 4,2.

L’Indice de préparation à l’intelligence artificielle du FMI couvre 174 pays et repose sur quatre piliers, à savoir les infrastructures numériques, le capital humain, l’innovation et l’intégration économique, ainsi que la réglementation et l’éthique. Les valeurs s’échelonnent de 0 à 1, avec un intervalle effectif allant de 0,18 à 0,77. Plusieurs pays ne disposent pas de données, et la Palestine n’est même pas mentionnée dans la liste. Les résultats sont exprimés en valeurs sans classement.

L’Indice de préparation gouvernementale à l’intelligence artificielle, publié par le cabinet Oxford Insights, couvre 40 catégories réparties en trois piliers, à savoir le gouvernement, la technologie et les données et infrastructures. Les scores vont de 0 à 100. Le Yémen se situe au dernier rang avec 14,6 sur 100, tandis que les États-Unis occupent la première place avec 87,3. Les résultats des pays étudiés sont de 55,6 pour l’Égypte, 74,5 pour Israël, 61,6 pour la Jordanie, 46,7 pour le Liban et 37,5 pour la Palestine. Cette dernière est identifiée comme « État de Palestine », alors que la Syrie n’apparaît pas sur la carte interactive de l’indice.

Enfin, la liste des secteurs stratégiques des économies étudiées a été établie à partir d’un croisement de rapports internationaux et d’analyses internes. Toutefois, aucune source crédible n’a permis d’estimer le coût total de la reconstruction économique ou du retour à la soutenabilité après la période allant d’octobre 2023 à octobre 2025. Ainsi, un ensemble de sources disparates et d’estimations a été mobilisé. Par conséquent, ces données visent uniquement à illustrer les réalités socioéconomiques et leurs potentiels, ou leur absence, et ne doivent pas servir de base à des projets de développement économique ou à des décisions d’investissement.

You may also like